Boulangers et fleuristes ouverts le 1er mai ? Le Sénat autorise le travail des salariés

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Boulangerie Maison Becam

Pourrons-nous acheter du muguet et une baguette le 1er mai ? Face à une législation floue, les Sénateurs ont approuvé un texte jeudi 3 juillet 2025 pour permettre aux boulangers et aux fleuristes, notamment, de faire travailler leurs salariés volontaires le 1er mai.

Actuellement, la loi empêche en théorie d’employer du personnel lors de la Fête du Travail, suscitant une forte incompréhension dans ces professions.


Le point de départ de la discussion remonte à la fin du mois d’avril, lorsque certains boulangers étaient montés au créneau, dénonçant les contrôles inédits menés ces dernières années par l’Inspection du travail auprès de plusieurs artisans. 

« Nous demandons de pouvoir faire travailler les salariés qui le souhaitent le 1er mai » répétait incessamment le président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie, Dominique Anract, invité sur la plupart des plateaux TV français. « Il y a une volonté transpartisane de faire évoluer la loi afin de permettre aux salariés qui le souhaitent de travailler en boulangerie le 1er mai, en les payant double comme l’oblige la convention collective », insistait-il.

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« Nous avons toujours été ouverts le 1er mai, c’est toujours une très bonne journée d’ailleurs et où même les salariés bien souvent se bagarraient un peu pour travailler ce jour payé double » expliquait-il jeudi 17 avril au micro de Franceinfo.

Mais selon l’article L3133 du code du travail qui définit les contours du 1er mai, même si les boulangers souhaitent ouvrir, seuls les chefs d’entreprises, voire les membres de leur famille sont autorisés à travailler, pas leurs employés. L’amende encourue pour toute infraction est de 750 euros par salarié, et jusqu’à 1 500 euros si le salarié concerné est mineur. Des exceptions existent pour les boulangers qui livrent des hôpitaux, des prisons, des EHPAD, ou qui sont le seul établissement distribuant du pain dans leur commune.

Si une dérogation ministérielle avait été accordée en 1986, la Cour de cassation a décidé en 2006 que la législation devait de nouveau s’appliquer. Dans les faits, ce retour à l’interprétation stricte de la loi était resté dans les limbes jusqu’à un rebondissement l’an dernier : des contrôles inopinés dans des boulangeries en Vendée le 1er mai 2024 par l’Inspection du travail ont conduit à des sanctions, créant une incertitude dans le secteur.

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C’est pour clarifier cette disposition que les sénateurs centristes, appuyés par le gouvernement, ont souhaité agir par ce texte voté le 3 juillet 2025, qui doit aussi être adopté à l’Assemblée nationale.

Cette proposition de loi “ne remet pas en cause l’existant”, mais vient “combler une faille juridique, une insécurité qui pénalise des commerçants, des salariés, des territoires et certains de nos concitoyens”, a insisté la ministre du Travail Catherine Vautrin, qui soutient “pleinement” l’initiative.

Le texte centriste visait initialement à permettre aux établissements déjà autorisés à ouvrir le dimanche de pouvoir le faire le 1er Mai. Mais dans sa version votée jeudi, il a été remanié et définit désormais précisément le périmètre des commerces bénéficiant d’une dérogation spécifique pour la Fête du Travail.

Parmi eux figurent les “commerces de bouche de proximité” (boulangeries, pâtisseries, boucheries… ), les activités répondant à un “usage traditionnel propre au 1er-Mai”, comme les fleuristes, ou encore les établissements exerçant “une activité culturelle” comme les cinémas et les théâtres.

Ces derniers pourraient donc faire travailler leurs salariés, à condition qu’ils soient volontaires. Ils seraient alors payés double, comme les autres métiers concernés par ces dérogations.

La mesure a offusqué l’ensemble des groupes de gauche au Sénat, qui ont échoué à faire adopter une motion de rejet du texte.

“Remettre en cause le principe de cette journée, c’est remettre en cause 100 ans d’histoire de lutte sociale”, ont écrit ainsi CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, Solidaires et la FSU dans un communiqué commun publié mardi 1er juillet.


(Vérifié par notre rédaction)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : Boulangeries ouvertes le 1er mai ? La loi empêche en théorie les salariés de travailler.

Une législation floue sur le travail des boulangers le 1er mai : La loi actuelle empêche en théorie les boulangers d’employer des salariés le 1er mai, sauf pour des exceptions spécifiques comme la livraison d’hôpitaux ou d’EHPAD. Les boulangers, cependant, souhaitent pouvoir faire travailler ceux qui le désirent, en les payant double, comme prévu par leur convention collective.

Les amendes encourues pour infraction : Selon le code du travail, toute infraction à cette règle peut entraîner une amende pour le boulanger d’un montant de 750 euros par salarié, avec une amende doublée à 1 500 euros pour les salariés mineurs. Des amendes ont été imposées lors de contrôles dans des boulangeries en 2024.

Le soutien du gouvernement pour une évolution législative : Le gouvernement semble soutenir une révision de la loi. Plusieurs personnalités politiques, y compris des ministres, soulignent la nécessité de clarifier cette situation pour permettre une plus grande flexibilité, tout en respectant les volontés des salariés et les conventions collectives.

Une demande accrue le 1er mai : Le 1er mai est un jour où la demande de pain et viennoiseries est particulièrement élevée. De nombreux boulangers, comme Fabrice Collet à Paris, ont fait part de leurs pertes dues à la législation stricte, malgré l’opportunité de réaliser des ventes exceptionnelles.

Une perspective de souplesse cette année : Les autorités laissent entendre qu’elles pourraient appeler à la souplesse des contrôles cette année, avant d’adapter définitivement la législation, afin de permettre aux boulangeries d’ouvrir librement avec des conditions de travail volontaires et rémunérées correctement.

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