Lāenseigne E.Leclerc souhaite non seulement faire des centres villes son nouveau terrain de jeu mais aussi Ć©tendre sa diversification dans le non alimentaire. Le dĆ©tail de sa feuille de route Ć lāhorizon 2030.
Ā« Ce n’est ni la fin des hypers, ni des magasins physiques, ni des enseignes franƧaises Ā». Cāest en ces mots que Michel-Edouard Leclerc, lāemblĆ©matique patron du groupement coopĆ©ratif Ć©ponyme, a rĆ©affirmĆ© sur son blog (De quoi je le MEL) la pertinence des formats physiques dans le retail. Profitant de la convention qui a rĆ©uni 200 adhĆ©rents fin septembre Ć Evian, il a exposĆ© la volontĆ© de lāenseigne dāaccĆ©lĆ©rer sur lāomni canal et le non alimentaire, Ā« deux voies de croissance de demain Ā».
Amener les prix Leclerc en centre-ville
Le numĆ©ro un de la distribution alimentaire– 750 hypers et supermarchĆ©s, 700 drives, une centaine de Leclerc Express et environ 2 900 magasins spĆ©cialisĆ©s (Voyages, bricolage, jouetsā¦) ā compte poser ses pions dans les centres villes avec le dĆ©veloppement dāune quarantaine de Leclerc Express en 2026. Ces magasins de proximitĆ© (de 400 Ć 800 m2) viendront couvrir des zones jusquāĆ prĆ©sent dĆ©laissĆ©es par Leclerc mais largement trustĆ©es par Casino et Carrefour. « Les hypers sont en perte de vitesse et les ouvertures de ces grands formats se rarĆ©fient. Cette nouvelle stratĆ©gie va permettre Ć E.Leclerc dāaller chercher de la croissance en cÅur de villes, lĆ où se trouvent les consommateursĀ Ā» estime David Pruvost, professeur de gestion et dāĆ©conomie Ć lāIUT dāAmiens (UPJV) et spĆ©cialiste du marketing de la distribution.Ā
La proximitĆ© est en effet un segment structurellement porteur pour les commerces alimentairesĀ : dāaprĆØs une Ć©tude du cabinet Circana dāavril 2025, ce marchĆ© de 54 milliards dāeuros nāest occupĆ© que par 35 % des grandes enseignes. Cāest cependant celui qui progresse le plusĀ : + 2,6 % de chiffre dāaffaires pour les grandes surfaces alimentaires de centre-ville. « Le prix est, et restera, un argument fort et diffĆ©renciant pour lāenseigne. Son idĆ©e est dāamener les prix E.Leclerc en centre-villeĀ et de compter sur lāagilitĆ© de ses adhĆ©rents pour rapidement mailler le territoire Ā» poursuit David Pruvost.
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47 ouvertures par an, soit une ouverture toutes les 1,5 semaines
Concernant le non-alimentaire, le plan dāexpansion est ambitieux. DĆ©jĆ prĆ©sent sur les secteurs du culturel, de l’auto, du jouet, du petit Ć©lectromĆ©nager, du bricolage, du voyage… le groupement lance une offensive massive. « Chez E.Leclerc, l’offre non-alimentaire reprĆ©sente plus d’un tiers des ventes de l’enseigne. La consommation Ć©volue, de nouvelles demandes Ć©mergent. E.Leclerc veut y rĆ©pondre en boostant les services et le non-alimentaire. Nous avons de beaux projets sous les pieds : 234 ouvertures de GSS (grandes surfaces spĆ©cialisĆ©es) sont programmĆ©es d’ici 5 ansĀ Ā» relate Michel-Edouard Leclerc.Ā
Dans le dĆ©tail, dāaprĆØs le cabinet Retail Lean, les futures ouvertures concernent sept segments : 70 ouvertures Leclerc Voyage, 56 dans le jouet, 32 Brico E .Leclerc, 23 centres auto, 22 Espaces Culturels, 11 Animaleries “Nos animaux”, 11 jardineries “Jardi” et 9 parapharmacies.
Objectif Ć termeĀ : 3 134 magasins spĆ©cialisĆ©s avec un rythme de 47 ouvertures par an, soit une ouverture toutes les 1,5 semaines.Ā Ce dĆ©veloppement devrait gĆ©nĆ©rer en rythme de croisiĆØre un chiffre dāaffaires additionnel de 800 millions Ć 1,2 milliards dāeuros sur la pĆ©riode 2030/2032. Et confirmer la place de leader de E.Leclerc en termes de parts de marchĆ©, devant Carrefour et le Groupement des Mousquetaires (IntermarchĆ© et Netto).
LāagilitĆ© du modĆØle coopĆ©ratif
Cette double intĆ©gration, proximitĆ© et diversification, sāappuie sur la task force des 550 adhĆ©rents du groupement. Sans eux, impossible de respecter la cadence du plan dāaction de lāenseigne qui va supposer de forts investissementsĀ : de 300 000 euros pour une parapharmacie de 150 m² Ć 2 millions dāeuros pour Brico de 1 500 m².
« Le modĆØle coopĆ©ratif permet de mutualiser certains coĆ»ts et de bĆ©nĆ©ficier de la force de frappe des centrales dāachat. En outre, cāest un modĆØle où les initiatives et les rĆ©ussites individuelles conduisent au collectifĀ Ā» analyse David Pruvost. Une pratique frĆ©quente dans les groupements dāindĆ©pendants, adeptes du test & learn, de lāagilitĆ© et de la rĆ©itĆ©ration des succĆØs. Ainsi, lāadhĆ©rent dāAmiens qui a dĆ©veloppĆ© un Leclerc Express (en plus de deux drives ā¦) sāest fortement inspirĆ© de celui de Draguignan, qui a ouvert un Express de 250 m2 en 2022.Ā
Reste cependant Ć savoir comment certains adhĆ©rents feront lāarbitrage entre renouvellement de leur hyper et investissement dans de nouveaux formats complĆ©mentaires.
NOTRE RĆSUMĆ EN
5 points clƩs de l'article
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VĆRIFIĆ PAR NOTRE RĆDACTION)
Voici un rĆ©sumĆ© en cinq points clĆ©s de l’article sur le sujet : E.Leclerc vise 47 ouvertures de magasins spĆ©cialisĆ©s en 2026 et accĆ©lĆØre sur les formats de proximitĆ© et le non alimentaire
Points clƩs
E.Leclerc confirme la vitalitĆ© du magasin physique et mise sur lāomnicanal et le non alimentaire comme leviers de croissance Ć horizon 2030.
DƩploiement massif en centre-ville
Lāenseigne veut ouvrir une quarantaine de Leclerc Express en 2026 pour sāimplanter dans les zones urbaines, un segment en pleine croissance où ses prix bas doivent constituer un avantage dĆ©cisif.
AccƩlƩration dans le non alimentaire
Leclerc prĆ©voit 234 ouvertures de grandes surfaces spĆ©cialisĆ©es sur cinq ans (voyages, jouets, bricolage, auto, cultureā¦), avec un objectif de 47 nouvelles unitĆ©s par an, soit une ouverture toutes les 1,5 semaines.
Un potentiel de chiffre dāaffaires supplĆ©mentaire
Ce plan de dĆ©veloppement devrait gĆ©nĆ©rer entre 800 millions et 1,2 milliard dāeuros de revenus additionnels dāici 2030-2032, renforƧant la position de leader du groupement devant Carrefour et IntermarchĆ©.
La force du modèle coopératif
Les 550 adhĆ©rents, au cÅur du modĆØle Leclerc, sont mobilisĆ©s pour financer et exĆ©cuter cette stratĆ©gie, grĆ¢ce Ć la mutualisation des coĆ»ts, Ć lāagilitĆ© du rĆ©seau et au partage des bonnes pratiques.











