Carré d’artistes : l’art accessible au plus grand nombre

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Fondatrice de carré d'artistes pour rendre l'art accessible

Lors du Grand Prix de la Franchise que nous organisions, Carré d’artistes s’est distingué en remportant le prix du Digital. Stéphanie Tosi, sa fondatrice, nous raconte l’évolution de l’enseigne aux 40 galeries d’art et 600 artistes internationaux devenue grande actrice du monde la franchise.


Lorsque Stéphanie Tosi a l’idée d’un nouveau concept, elle n’hésite pas à quitter un poste et un salaire confortables pour lui donner vie. Objectif : rendre accessible l’art au plus grand nombre. Carré d’artistes naît en 2001. Désormais, l’enseigne représente le plus grand réseau de galeries d’art contemporaines. Rencontre.

Quel a été votre parcours avant de créer le réseau Carré d’Artistes ?

J’ai toujours aimé l’art, j’ai longtemps suivi des cours du soir aux Beaux-Arts pour peindre et dessiner. Mon père était entrepreneur alors, comme une suite logique, j’ai fait des études de commerce. J’avais en tête d’être rapidement indépendante et j’ai intégré une grande entreprise agro-alimentaire. J’y ai appris quantité de choses : le travail en équipe, le marketing, la vente, la structuration d’entreprise… je me suis totalement épanouie jusqu’à mes 30 ans. J’ai éprouvé alors le besoin de faire quelque chose qui était porteur de plus de sens. 

Naturellement, je suis revenue à mes premiers amours : l’art. Lors d’un voyage en Espagne, dans une église transformée en galerie à Ciutadella de Menorca, se tenait une exposition d’artistes contemporains qui vendaient des tableaux. Loin de l’image élitiste, feutrée, voire un brin austère des galeries traditionnelles, on pouvait toucher les œuvres qui étaient présentées de façon très simple, dans des cageots. Cela a été un déclic. Je suis revenue en France et j’ai quitté mon poste avec l’envie de créer Carré d’artistes pour démocratiser le monde de l’art. Tous les artistes sont au même prix, sans logique de cotation, au-delà des tendances. A nous d’être de véritables agents d’artistes. Nous essayons d’être toujours sincères et transparents et nous désirons que, lorsqu’un client pénètre dans la galerie, il ressente une émotion.

De l’idée à la concrétisation, comment les choses se sont enchaînées ? 

Alors que le concept était plus développé en Espagne, il n’y avait pas en France de galerie d’art accessible en plein centre-ville qui ne semble pas élitiste. Convaincue du potentiel, je construis peu à peu le projet en m’associant à mon ancien patron (désormais parti à la retraite). Je suis de nature fonceuse, je n’ai pas peur de prendre des risques :  j’ai démissionné et nous avons nous-même financé le projet. 

La première galerie a ouvert ses portes à Aix-en-Provence…le 11 septembre 2001. Ce cataclysme m’a finalement permis de prendre conscience qu’avoir un concept et le lancer ne suffit pas. Nous avons travaillé la communication dans les moindres détails : emballages, flyers, expérience client, notamment via une fiche descriptive de l’artiste que les clients peuvent emmener avec eux… Au final, cette crise nous a permis de nous améliorer. Et très vite, la boutique a fonctionné. 

A quel moment décidez-vous de développer les galeries d’art Carré d’Artistes en franchise ? 

J’avais une vision d’expansion dès le début avec le développement de douze boutiques en propre, dans les principales villes de France. Si j’avais quitté une grande et ambitieuse entreprise, c’était pour évoluer et grandir dans une société que j’allais moi-même bâtir. La franchise est arrivée par hasard, via un ancien collègue qui adorait le concept et souhaitait le dupliquer à Barcelone. Le système de franchise s’est alors développé à l’étranger, de façon sporadique, au gré des rencontres, des opportunités. 

C’est dans un second temps que des amis entrepreneurs, eux-mêmes franchiseurs, m’ont conseillé de structurer ce modèle en l’implantant en France avant de poursuivre à l’étranger. Et c’est ainsi qu’en 2020 a ouvert la première franchise française. Une nouvelle fois, il a fallu faire face à une crise, avec la COVID-19. Mais cela nous a permis de progresser en un temps record sur la partie numérique et de revoir tout notre système. Les œuvres de chaque galerie sont désormais accessibles sur notre site. Les clients peuvent les découvrir, les artistes se connecter en temps réel pour suivre leurs ventes. C’est un levier d’accélération de croissance incroyable qui nous a permis d’ailleurs de remporter le prix du Digital de l’Express Franchise. 

Que diriez-vous à des potentiels franchisés qui hésiteraient à vous contacter, de peur de ne pas être assez initiés à l’art pour se lancer ?

Nous recherchons avant tout des personnes qui ont le sens du commerce et font preuve d’ouverture d’esprit. Aussi surprenant que cela soit, il s’agit souvent d’anciens clients Carré d’artistes. On va leur transmettre une forme de savoir sur l’histoire de l’art, les grands artistes via une formation au siège, puis un accompagnement sur le terrain pour comprendre les œuvres exposées et les émotions qu’elles suscitent. Des rencontres avec les artistes, des visites d’ateliers sont alors prévues. Enfin, nous avons un service artistique très présent qui les accompagne pour leur expliquer le travail de chaque artiste et observe sa mise en valeur en galerie. 

Votre passion et votre goût du challenge sont toujours intacts ?

Ah oui ! On est acteurs de notre vie, il suffit de le décider et d’avancer. D’ailleurs, je pense que si je n’étais pas franchiseuse, je serais franchisée. Car ce qui m’a manqué il y a 22 ans, c’est de partager avec d’autres, se nourrir à leurs contacts et aller encore plus loin. 

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