Julien PERRET, Fondateur & DG de BCHEF, livre son analyse de ce phénomène…
“Parce qu’elles partent souvent du postulat qu’une fois qu’on en a fait 3-4, le plus dur est passé.
D’après un récent post de Bernard BOUTBOUL confirmé par le panorama B.R.A. Tendances Restauration paru en mars 2023, il existerait actuellement plus de 310 enseignes de restauration chainées. Mais seulement 26 d’entre elles comptent plus de 100 restaurants.
Plus frappant : seules 4 enseignes ont réussi à passer le cap des 100 unités au cours de 10 dernières années.
Si l’on ramène ce chiffre au nombre de franchises en restauration créés, ce sont en réalité à peine 1% des réseaux qui passent la barre des 100 points de vente.
1% 😱
Pourquoi est-ce si difficile ?
Parce que le concept ne fait pas tout. Un jeune réseau qui veut passer de 2-3 restaurants à plus de 100 va être contraint d’accepter deux profondes remises en question sur une courte période de temps.
1️⃣ 𝐋𝐚 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐫𝐞𝐦𝐢𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝟏𝟓 𝐞𝐭 𝟑𝟎 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐚𝐮𝐫𝐚𝐧𝐭𝐬.
Le réseau commence à se fragiliser, la tête de réseau peine encore à se rentabiliser, et l’euphorie des premières signatures laisse place aux doutes.
Pourquoi les franchisés ne m’écoutent pas ? Pourquoi je n’arrive pas à répliquer ce qui se passe dans mes restaurants pilotes ? Dois-je augmenter mes redevances ou réduire mes coûts d’accompagnement ?
A ce stade, le dirigeant doit prendre de la hauteur sans pour autant devenir autoritaire et distant. Il doit remettre en question son concept, accepter son imperfection, et recruter des équipes solides pour assurer la satisfaction des franchisés en place. Enfin, il doit accepter d’investir sur l’avenir plutôt que d’essayer de tirer profit de son jeune réseau trop tôt.
Pour ceux qui y parviennent, un deuxième cap se profile déjà à l’horizon…
2️⃣ 𝐋𝐚 𝐬𝐞𝐜𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐦𝐢𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝟔𝟎 𝐞𝐭 𝟏𝟐𝟎 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐚𝐮𝐫𝐚𝐧𝐭𝐬.
La croissance du réseau commence à ralentir, le concept est moins “nouveau”, les premiers contrats ne se renouvellent pas si facilement que prévu. Le modèle économique est mis à l’épreuve par une concurrence qui s’intensifie et des besoins en communication plus importants.
Pour passer ce cap, les chaînes doivent trouver un nouveau souffle. Elle doivent réinventer leur concept, le modèle économique, mais aussi leur manière d’envisager la croissance. Plus que jamais, le réseau a besoin qu’on investisse pour son avenir.
Le dirigeant et ses équipes doivent changer de stature et de compétences. Dans une grande partie des cas, les fondateurs laisseront d’ailleurs leur place à des dirigeants plus expérimentés.
Faire partie des 1%, c’est donc un véritable parcours du combattant”